20/11/2011

Rando dans la brume

101_4711

Ce week end nous avons passé la nuit dans la montagne. Une nature peu clémente, des conditions difficiles, changement de programme, des décors magnifiques voila notre week end.

 

Préparatifs

Sachant que nous allions passer la nuit dans la montagne il fallait changer nos habitudes et notre matériel. Exit les sacs de trail, ils sont bien trop petit pour emmener duvets, tapis de sol, popotte et nourriture, on se rabat donc sur des sacs décathlon Aprenaz 20 XC qui restent malgré tout assez compact, il faudra jouer à tetris pour faire rentrer tout le matériel :

  • Sac de couchage ultralight S15 Quechua (prévu pour des températures de 13 à 15°C LOL)
  • Sur duvet
  • Popotte
  • Poche à eau raidlight 2.5L
  • sifflet
  • couteau
  • carte IGN
  • nourriture (Repas Lyophilisé, barres énergétique, …)
  • tee shirt et chaussettes de rechange
  • boussole
  • trousse de secours
  • couverture de survie

Sur moi :

Au programme nous devons partir un peu après Rosis, près du col de l’Ourtigas , emprunter le PR qui mène au plateau en passant près de plo des brus, longer l’arête jusqu’à Notre Dame de Saint Europe où nous devons passer la nuit, soit une dizaine de kilomètres.

Nous partons à 3 : ma chérie (buzzy), son cousin Charly et moi même.

Nuit et brouillard

En passant Lamalou les Bains nous arrivons avec la voiture dans un épais brouillard, on roule à 20km/h la visibilité est réduite à 5m, on sent de suite qu’il va être très difficile de s’orienter.

21h15 Nous nous arrêtons sur une petite air en forêt que nous pensons être notre point de départ, le brouillard nous a joué un 1er tour, nous sommes en fait sur l’air du rond point et non au col de l’Ourtigas. On décide de prendre la route jusqu’à trouver notre chemin, le brouillard est très épais, nous prenons alors à droite pour nous engager dans la forêt, le terrain est tout de suite difficile.

Nous évoluons en pente, dans la boue et les feuilles, le terrain est très glissant, nous sommes sur un terrain de chasse, les sangliers ont bien labouré la forêt. Nous nous retrouvons finalement au col de l’Ourtigas après avoir longé la route mais dans la merde, sinon ça aurait était trop facile.

Nous prenons alors le chemin balisé de points bleus pour monter jusqu’au plateau, la pluie s’est joint à nous, c’est pas pour autant que le brouillard est parti, il faut être très vigilant pour ne pas sortir de la trace.

Nous arrivons enfin sur le plateau, nous somme en pleine purée de poix, on a beaucoup de mal à s’orienter et trouver la bifurcation qui nous mènera à la bonne arête est impossible, le Cairn n’est pas visible, on passera seulement à 5 mètre de lui sans le voir.

TraceNotreDame

Nous nous engageons alors sur une arête que nous pensons être la bonne, le chemin est très très escarpé, le refuge est marqué avec le point jaune sur l’image.

L’école de l’humilité

23h45 La descente est vraiment très lente, la fatigue commence à se faire sentir, nous tombons de nombreuse fois. Il faut s’accrocher aux branches les pierres sont de vraies savonnettes. Virginie n’a plus le moral, je commence à douter et Charles aussi, nous entendons un ruisseau, nous reprenons espoir car nous sommes censé en traverser un.

Mais arrivé sur le ruisseau on s’aperçoit qu’il ne coule pas dans le bon sens, Charles part un peu en avant pour voir si nous pouvons continuer, c’est de pire en pire.

Virginie manque de m’écraser avec une énorme pierre, Charles fait une chute de 2m. Ok la nature gagne on change plan. Nous n’atteindrons pas le refuge ni le GR653 qui pourrait nous servir de plan B. Il faut rebrousser chemin, nous allons dormir dans le village abandonné de Caissenols.

On est pas encore totalement tiré d’affaire, en remontant on ne passe pas par la même arête, on remonte plus haut que de la où nous sommes parti. La montre GPS est d’une grande utilité, on coupe à travers le plateau en s’aidant de la boussole et de la montre pour rejoindre notre précédente trace.

image

La pluie ne s’arrête pas, comment peut on avoir de la pluie et un brouillard épais ?.

La suite du chemin sera une promenade de santé par rapport au reste, on traverse une 1ère rivière, les pieds sont bien trempés, mais le moral revient, le fait de savoir où nous sommes y est pour beaucoup. On ne sait pas encore si on pourra faire un feu, si le maison sera occupé, mais on commence à s’accrocher à tout ça pour forcer l’allure car il est plus d’ 1h du matin.

Le passage de la 2ème rivière est plus délicat, la pluie a gonflé le torrent, et de nuit à la frontale il n’est pas évident de choisir sur quelle pierre poser son pied. Il y a bien une pseudo passerelle, mais elle n’inspire vraiment pas confiance :

image

Hébergement plein de charmes

02h20 du matin nous arrivons à Caissenols, la maison n’est pas occupée, nous chassons quelques loirs qui avaient choisis de passer la nuit ici. Il fait aussi froid à l’intérieur qu’à l’extérieur mais au moins nous sommes au sec. On allume les bougies et le feu pour se réchauffer un peu. Mon cuissard et mes chaussures sont trempés mais pas le haut qui a su rester au sec grâce à ma veste décathlon. Virginie étendra ses affaires près du feu car tout est trempé pour elle.

Nous sommes vraiment dans un 4 étoiles et Charles nous a concocté un repas de grand chef avec sa Truffade Auvergnate lyophilisé, son rhum maison qui réveille les morts, un petit bout de cantal, une crème de marron et un thé chaud.

Truffade Auvergnate MX3 aventure

Nous callons la porte d’entrée car Charles a déjà vu les sanglier faire un tour dans la maison, il faut également mettre toutes les affaires en hauteur pour éviter que les rongeurs se fasse un petit festin. Le repas nous a bien remonté le moral.

Nous partons nous coucher à l’étage, il doit faire moins de 5°C, le sol est dur mais je m’écroule de sommeil, il est 3h00 du matin.

Découverte du village abandonné

 

Le matin nous découvrons le village, Charles nous raconte son histoire, la forêt n’était pas aussi présente au début du siècle dernier, le village était occupé par des agriculteurs qui pouvaient vivre en autonomie totale, de nombreuses parcelles de culture entouraient le village, on les retrouve maintenant au milieu des arbres. Le village a progressivement était abandonné, la 1ère guerre mondiale a décimé une grosse parti des hommes, les derniers habitants sont partis dans les années 1950. Aujourd’hui une maison du village est entretenu par une association depuis les années 70. Le reste du village est repris par la nature, en moins de 50 ans mère nature a repris ses droits, fait pousser des arbres au milieu des maisons, détruits les murs et les cultures, nous ne sommes pas grand chose face à elle, le dernier mot toujours elle aura.

Notre toit pour la nuit à Caissenols

Nous prenons un petit déjeuner toujours lyophilisé : Muesli Chocolat Aptonia :

IMG_20111119_092755

Village abandonné de Caissenols

J’allais oublié de vous parler les toilettes grand luxe : une petite cabane muni d’une assise en pierre percée d’un trou, un régal pour les fesses :

IMG_20111119_100815IMG_20111119_100719

Randonnées de jour

Nous quittons ensuite le village pour une petite randonnée. Nettement plus facile que la veille, nous profitons de la culture arboricole de Charles qui nous sert de guide. La brume est toujours la mais en moindre quantité que la veille.

Massif du caroux

Nous retournons sur les lieux de la veille pour voir où nous nous sommes trompé, ça c’est joué à 5m, les paysages sont magnifiques, on reviendra lorsqu’il fera beau.

Nous croisons de nombreux champignons, c’est de saison :

Charles et le champignon magic

La pluie nous accompagnera sur la fin comme un dernier message de la nature : allez c’est bon les gars maintenant faut rentrer.

A retenir

14 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...
 
Design by Free WordPress Themes | Bloggerized by Lasantha - Premium Blogger Themes | Blogger Templates